P1861-03
1861

L’Incendie

[Signé et daté en bas à gauche : Jules Breton 1861]

Huile sur toile

Dimensions inconnues

Localisation actuelle inconnue

 

Sujet

Par la correspondance du peintre, nous savons que Breton avait espéré vendre à l’État, pour le musée de Lille, son Incendie, n’en demandant que 5.000 francs. Espoir resté sans lendemain (lettre de Jules Breton à Élodie Breton, 23 mai 1861). Il semble que ce soit Arago, très enthousiaste du talent de Jules Breton, qui ait mis en contact le peintre avec le prince russe Marasly d’Odessa, acquéreur finalement de l’Incendie (lettre de Jules Breton à Élodie Breton, 28 mai 1861). Ce prince partageait, on le sait, les faveurs d’Anna Delion avec le prince Napoléon. Le peintre avait pu le rencontrer chez elle, lors de l’achat du Colza.

À la différence de l’Incendie d’une meule, dont l’action se déroulait au soleil de midi, en plein champ, cet événement se situe ici au cœur du village, dans un mouvement plus dramatique, avec même une allusion à la mort et à la douleur dont témoigne cette petite fille inerte aperçue par sa mère dans les ruines de la maison. Les personnages déploient une énergie plus appuyée, dont celui poussant le baril d’eau sur la brouette, repris du tableau de 1856 dans un effort accru. De même, les bestiaux effarés qu’on fait sortir malgré eux de l’étable ajoutent à l’atmosphère de panique plus sensible ici.

L’Incendie de 1861 ne prouva-t-il pas à Jules Breton que les sujets tendant vers un réalisme plus sombre et dramatique ne lui apportaient pas le succès espéré et n’étaient peut-être pas aussi adaptés à son talent que des sujets plus aimables ? Cela dit, les drames causés par le feu à Courrières l’ont toujours beaucoup marqué et il reprendra ce thème de façon plus indirecte avec Paysans courant à un incendie, d’après un motif exécuté très tôt dans sa carrière, et aboutissant, après plusieurs études, au Cri d’alarme de 1899.

Bien des critiques louent sans restriction les trois autres œuvres exposées également au Salon et omettent de parler de celle-ci. Seuls quelques-uns en font l’éloge, comme Calonne et surtout Gautier, qui y voit « beaucoup de mouvement, d’action et de terreur… Tout cela rendu avec beaucoup de talent, d’énergie et de vérité », contrairement à Castagnary, plus séduit par Le Colza.

Source

Lettres de Jules Breton à Élodie Breton, 19 mars, 23 et 28 mai, 4 juin 1861 Lettre de Jules Breton à Boniface Breton, 6 juillet 1861

Expositions

1861, Paris, n° 428.

Critiques du Salon de 1861

Banville, p. 230 ; Calonne, p. 341-342 ; Castagnary, p. 59 ; Gautier, Abécédaire du Salon de 1861, p. 86 ; Gautier, Le Moniteur universel, 23 mai 1861, p. 718-719.

Bibliographie

Monographies et ouvrages collectifs

Bürger, 1870, t. I, p. 37 ; Chaumelin, 1887, p. 82 et n° 17 p. 92 ; Bates and Guild Co., 1907, p. 27, sous le titre Fire ; Bourrut Lacouture, 2002 (1), fig. 25, p. 94. Catalogues d’exposition 1982-1983, Omaha, Memphis, Williamstown : Sturges (dir.), Weisberg, « Jules Breton in Context », p. 42.

Périodiques

Bourrut Lacouture et Weisberg, 1981, fig. 2, p. 98-99.

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