© JULES BRETON FAMILY ARCHIVES
Les Sarcleuses (The Weeders)
Huile sur toile
94 × 168,9 cm (37 × 66½ in.)
Omaha (Nebraska, États-Unis), Joslyn Art Museum Source
Sujet
Jules Breton partage le succès des Sarcleuses au Salon avec Élodie, sa femme (lettre du 19 mai 1861). Le 23 mai, il lui écrit que Monsieur Duchâtel est « très heureux de son tableau et persuadé qu’on le décorerait parce qu’il lui semblait qu’on ne pourrait le faire autrement ». En effet, le 30 juin, celui-ci lui fait parvenir la nouvelle apprise par le ministre d’État, Walewski, et le 3 juillet, une lettre adressée à son oncle Boniface Breton laisse éclater la joie du nouveau décoré !
La famille Duchâtel semble avoir eu une certaine prédilection pour Les Sarcleuses, puisque le tableau n’a pas fait partie de la vente de leur collection en 1888, contrairement aux Vendanges à Château Lagrange. Il semble que ce soit aussi celui des quatre tableaux exposés (avec Le Colza, Le Soir, L’Incendie) qui ait eu le plus de succès. Castagnary y fait d’ailleurs allusion, tout en plaçant, lui, en premier Le Colza. Quoi qu’il en soit, le désir de Breton de hiératiser, d’isoler une des figures en la classicisant davantage par rapport aux autres, apparaît déjà dans trois des tableaux du Salon de 1861. Jean Rousseau, du Figaro, l’a certainement perçu, puisqu’il évoque « la sarcleuse qui vient de nouer sa gerbe et qui se redresse… » ou « … cette belle vaneuse », ou bien encore « cette grande fille, aux traits sévères et mélancoliques qui rêve… ».
Après avoir rendu un hommage profond à Millet et à sa Tondeuse de moutons, entre autres œuvres, et après avoir évoqué les paysanneries d’Amédée Guérard et de Jean Desbrosses, Thoré-Bürger déclare : « … mais le maître de ces compositions rustiques est Monsieur Jules Adolphe Breton », dont le talent lui rappelle celui de Léopold Robert tentant de mettre, comme lui, « la beauté » et « la pensée » dans ses figures de travailleurs champêtres. « Plus simple et plus vrai » que L. Robert, il estime que « des progrès restent à faire en tant que praticien ». Si Les Sarcleuses lui semblent plus justes de mouvement, « il ne faut pas s’approcher et analyser le raccourci de ses bras croisés derrière le dos… ! ».
Malgré tout, Jules Breton a l’impression que ses tableaux ont été moins « prisés » des artistes que ceux du Salon précédent. En 1868, Jules Breton reprend le même sujet avec une légère variante.
Source
Provenance
Atelier de l’artiste ; Paris, comte Duchâtel. [Paris, galerie Sedelmeyer, après 1888]. [Vente, Londres, Sotheby’s, 1er mars 1972, lot 92]. Mexique, collection particulière. [New York, Neil Morris Fine Paintings]. Omaha, Joslyn Art Museum, 1984.
1861, Paris, n° 426 ; 1862, Londres, n° 60 ; 1863, Bruxelles, n° 105 ; 1867, Paris, n° 86 ; 1889, Paris (3), n° 100, p. 5 ; 2002, Arras, Quimper, Dublin, ill. p. 78, n° 31, p. 240.
Critiques du Salon de 1861
Banville, p. 230 ; Brès, p. 2 ; Calonne, p. 341-342 ; Castagnary, p. 59 ; Delaborde, p. 891 ; Du Camp, p. 116-117 ; Galletti, p. 36 ; Gautier, Abécédaire du Salon de 1861, p. 11 et 84-86 ; Gautier, Le Moniteur universel, 23 mai 1861, p. 718-719 ; La Fizelière, p. 15 ; Lagrange, p. 64, ill. p. 65, sous le titre erroné de Colza ; Merson, p. 294 ; Nadar, n. p. ; Perrin, p. 373 ; Rousseau, p. 3-4 ; Vignon, p. 151.
Critiques de l’Exposition universelle de 1867
Bonnin, p. 95 ; Calonne, p. 729 ; Merson, p. 186-187.
Bibliographie
Monographies et ouvrages collectifs
Bürger, 1870, p. 37 et 113 ; Ménard, 1881, fig. 788, p. 978, sous le titre Le Soir ; Chaumelin, 1887, n° 15, p. 80 ; Stranahan, 1888, p. 384 ; Breton, 1890 (1), p. 233-245 ; Breton, 1896, p. 110-111 ; Vachon, 1899, p. 86, pl. haut face p. 126, p. 4 ; Comte, 1900, p. 162, sous le titre Sarcleuses en Artois ; Doucet, 1906, p. 203, ill. ; Bates and Guild Co., 1907, p. 27, sous le titre The Weed-Gatherers ; Ferrier, 1910, p. 9 ; Boime,1971, p. 107, ill. ; Nochlin in Herding, 1979, p. 57 ;Bourrut Lacouture in Delouche, 1987, p. 114, 117 et 124 ; Day et Sturges, 1987, p. 82-85, ill. ; Sturges, 1987,fig. 17, p. 33 ; Bourrut Lacouture, 2002 (1), ill. p. 78,n° 31, p. 240 ; Acosta, 2020, p. 24 et 48-51, ill.
1982-1983, Omaha, Memphis, Williamstown : Sturges (dir.), Sturges, « Jules Breton and the French Rural Tradition », p. 9, Bourrut Lacouture, « The Origins and Youth of Jules Breton », p. 30, Weisberg, « Jules Breton in Context », p. 42 ; 1983-1984, Chartres : Douce de La Salle (dir.), p. 150.
Monnecove, 1895, p. 34 ; Marguillier, 1899, p. 86 ; Cluit, 1906, p. 110, sous le titre Le Soir -Les Sarcleuses ; Baldwin, 1972, p. 20, ill. ; Bourrut Lacouture et Weisberg, 1981, p. 98-99 ; Juneja, 1984, p. 170 ; Treynor-Smith, 1984, p. 1