P1897-03

Portrait de Madame Dorchain

1897

[Signé et daté en bas à droite : J. Breton 97]

Huile sur toile

60 × 73 cm (23½ × 28¾ in.)

Cambrai, musée des Beaux-Arts

Sujet

Marie Dorchain, née Barthélémy rencontre Jules Breton et sa famille chez Leconte de Lisle. Elève de tragédie au Conservatoire, elle avait choisi une scène des Erynniés et se rendit chez le poète pour la lui déclamer et demander ses conseils : « Il fut sous le charme de sa voix chaude et harmonieuse, une de ces voix qui viennent d’un don divin et dont on pourrait dire qu’elles sont la musique de l’âme ».

Bientôt son amour pour la poésie « conduisit la jeune fille tout droit vers un jeune poète du Nord dont le cœur vibra à l’unisson du sien, dès la première stance qu’elle interpréta devant lui ». Elle épouse alors le poète douaisien et Virginie Demont-Breton , dans Les Maisons que j’aie connues (op.cit. 1927, pp.144-145), dont sont extraites ces citations, évoque également la jeune femme : « grande et calme avec, sous de purs sourcils noirs, des yeux bruns pleins d’une ardente puissance, mais contenue, adoucie …! Elle a laissé des poèmes d’une belle forme et d’un sentiment élevé et noble. »

Ce portrait d’une facture inattendue dans l’œuvre de Jules Breton tenait de façon particulière au cœur de celui-ci en raison des liens très intimes qui existaient entre les couples Breton et Dorchain. L’admiration d’Auguste Dorchain pour l’artiste ne s’est jamais démentie et quelques lettres retrouvées dans les archives Breton en témoignent .

L’imposante et puissante personnalité émanant de Madame Dorchain a-t-elle pu conduire Jules Breton à réaliser son portrait dans un style se rapprochant davantage du Fauvisme que de Bonnat ? La facture très libre, une touche brève, presque brutale, une palette violente accusent la pâleur crayeuse assez typique des fards de l’époque et en font une œuvre unique à notre connaissance, dans la longue carrière du peintre. Où est le cher modelé ? ! !

Provenance

Atelier de l’artiste ; Mme Dorchain. Musée de Cambrai.

Bibliographie

Monographies et ouvrages collectifs

Magny, 1997, p. 102, no 112.