D1866-02

Paysanne

Vers 1866

[Signé en bas à droite : Jules Breton]

Mine de plomb sur papier

38 x 26,3 cm (15 x 10 3/8 in.)

Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, inv.487

Sujet 

Si ce dessin conserve encore l’empreinte de la Renaissance italienne, perceptible notamment dans l’attitude et le traitement du corcelet, le visage, quant à lui, s’épaissit déjà et annonce les traits de la Jeanne de 1877. Lors de son premier séjour en Bretagne, en 1865, Jules Breton ne fut pas seulement sensible au caractère celte de la province et aux coutumes médiévales de ses habitants. Il fut également frappé par la noblesse d’attitude des lavandières, portant leur panier ou leur cruche sur la tête, qui lui rappela l’image des « antiques canéphores ». Les observant dans leur cadre naturel, il composa La Source au bord de la mer, tout en s’attardant à styliser davantage encore le profil attique de la sardinière Jeanne Calvet.

Dans les années qui suivirent, cette référence à l’Antiquité, familière à sa formation académique et déjà perceptible dans certaines œuvres des années 1860 (Le Soir, 1860 ; Baigneuse, 1862), se renforça à la faveur d’un voyage en Italie au printemps 1870. Ce séjour lui offrit l’occasion de nouvelles recherches vers ce qu’il appelait lui-même « le style », dont de nombreux critiques ont vu l’aboutissement dans La Fontaine (1872). Avec Paysanne, nous nous trouvons ainsi devant un dessin particulièrement représentatif de cette quête esthétique, menée à Courrières parallèlement à son œuvre bretonne, et qui tend à idéaliser la figure féminine des champs

Provenance

Achat de la ville de Bordeaux en 1891

Expositions

1982-1983, Omaha, Memphis, Williamstown, ill. p.112, n°74 p.113. 

Bibliographie

Monographies et ouvrages collectifs

Vallet, 1894, n°435 ; Sturges, 1987, fig.24 p.30, ill. 41.

Périodiques

« Liste des ouvrages entrés en 1891, acquisitions faites par la ville », Bulletin des musées, 1892