Les Corbeaux

[Signé et daté en bas à gauche : Jules Breton / 1902]


Huile sur toile


89 × 125 cm (35 × 49¼ in.)


Norwalk (Connecticut, États- Unis), Fondation Schlesinger

 

Sujet

« Le soleil vient de se coucher au milieu des nuages d’orage qu’il embrase d’une lueur rouge. Du sol, aux herbes sombres, et des flaques d’eau toutes pleines de reflets de feu, monte une buée diaphane ; puis, plus haut, ce sont des nuées aux formes géantes qui semblent se ruer l’une contre l’autre pour un combat titanesque ; et voici que des corbeaux, en troupes pressées, prennent leur vol, accompagnant de leurs croassements sinistres l’harmonie fauve de cette nature enfiévrée. » (description issue du catalogue de la vente Breton)

Le tableau Les Corbeaux a provoqué, sans nul doute, une surprise et un regain d’intérêt pour le peintre chez des critiques du Salon, un peu lassés des figures seules de faneuses, glaneuses, sarcleuses, souvent reprises à la fin de la carrière de Jules Breton. Ainsi, Arsène Alexandre est frappé par « le puissant paysage de Jules Breton qui ne nous avait jamais laissé supposer chez lui cette tragique intensité ». Cette œuvre lui fait même regretter que « les bucoliques du maître de Courrières n’aient pas été plus fréquemment entrecoupées de ces drames… ». Les mots « recherche nouvelle » (M. Fouquier), « note originale » (J. Guillemot), « effet tragique et intense » (Ayraud-Degeorge) reviennent sous la plume de la plupart des chroniqueurs dont nous avons les commentaires.

Il y a, certes, infiniment plus de romantisme dans le ciel tourmenté du peintre artésien que dans la plaine dépouillée des Corbeaux de Millet, si puissante et si émouvante dans sa désolation, et où l’œil se raccroche à la carcasse dérisoire de la charrette abandonnée… Mais la peinture de Breton présente en effet une certaine tristesse et une ampleur qui n’est pas sans évoquer l’influence d’un Georges Michel.

 

 

Provenance

Atelier de l’artiste ; [sa vente, Paris, galerie Georges Petit, 2-3 juin 1911, lot 77] ; [Paris, Charles Sedelmeyer, 1911 (3 000 francs)] ; [sa vente, Paris, hôtel Drouot, 9 février 1927, lot 16] ; [Dupont (1 120 francs, par l’intermédiaire de Knœdler & Co.)]. [Vente, Paris, hôtel Drouot, 19 mai 1995, lot 74] ; Norwalk, Fondation Schlesinger, 1995. [Vente, New York, Sotheby’s, 20 avril 2005, lot 25 (non vendu)].)].

Expositions

1902, Paris, n° 233.

Critiques du Salon de 1902

Alexandre, p. 3-4 ; Ayraud-Degeorge, n. p. ; Bouillet, p. 2 ; Bouyer, p. 398 ; Cadinium, n. p. ; Castigo, n. p. ; Céli, n. p. ; Dac, n. p. ; Denoinville, n. p. ; Faure, n. p. ; Fouquier, p. 2 ; Guillemot, n. p. ; Guyon-Verax, p. 3864 ; Harlor, p. 2 ; Le Senne, n. p. ; Letalle, p. 180 ; Lorquet, p. 199 ; Moleux, p. 173 ; Palettes, n. p. ; Pavie, p. 590 ; S. L., p. 2 ; Thiébault-Sisson, n. p. ; Valensol, n. p. ; Le Grand Écho du Nord et du Pas-de-Calais, n. p. ; La République française, n. p. ; Le Voleur illustré, p. 306.

Bibliographie

Monographies et ouvrages collectifs

Vente de l’atelier, 1911, p. 38, ill. ; Bourrut Lacouture, 2002 (1), fig. 78, p. 220-221.

 

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