P1868-04
1868

Les mauvaises herbes

[Signé et daté en bas à droite : Jules Breton 1868]

Huile sur toile

99 × 133,5 cm (39 × 52½ in.)

Localisation actuelle inconnue

 

Sujet

Parmi les travaux en rapport, l’esquisse du Brûleur d’herbes présente un geste très proche de celui de la version exposée au Salon. Cette variante est reprise dans l’étude de composition.

Peint en 1868, le tableau Les Mauvaises herbes était destiné au Salon de la même année. Liévin De Winne conseilla toutefois à Breton d’y présenter plutôt Femmes récoltant des pommes de terre, et l’œuvre ne fut donc exposée qu’au Salon de 1869. Aucun document d’archives ne permet de dater avec certitude son dépôt chez Durand-Ruel. C’est en 1898 que William P. Wilstach l’acquit, parmi d’autres toiles contemporaines, pour constituer le noyau d’une galerie municipale à Fairmount Park, Philadelphie.

La nouveauté du sujet du Grand Pardon breton éclipsa quelque peu Les Mauvaises herbes, perçu comme une œuvre plus traditionnelle et donc moins originale dans la production de Breton. Casimir-Périer se déclara déçu par les deux tableaux, revenant avec complaisance sur le Salon de 1867 pour en regretter l’esprit. À l’inverse, Edmond About, qui situe volontiers Breton dans la lignée de la peinture d’Histoire pour des œuvres comme Le Grand Pardon, reconnaît déjà dans le mouvement de l’homme qui brûle les herbes « plus de grandeur et de noblesse qu’on en remarque à l’ordinaire chez les paysans de chez nous ». Ce même geste, sous la plume flatteuse de Maurice Chaumelin, prend même la dimension d’un « lampadophore antique donnant le signal des jeux dans les fêtes en l’honneur de Vulcain ».

Il nous est aujourd’hui difficile de porter un jugement définitif sur l’œuvre, faute de reproduction satisfaisante. Toutefois, ce qui frappe n’est peut-être pas tant une emphase excessive qu’un geste de travailleur manquant de conviction. L’esquisse du Brûleur d’herbes (carnet de croquis IV, n°36), avec un geste plus solidement et synthétiquement campé, semble plus efficace. Cette variante, reprise dans l’étude de composition, présente une dynamique du sujet bien plus impliquée et naturelle, renforcée par une certaine magie émanant du feu, entouré d’un groupe d’enfants. Il n’est d’ailleurs pas exclu que ces deux travaux préparatoires aient été réalisés plusieurs années avant le tableau du Salon.

 

Provenance

[Peut-être Paris, Durand-Ruel]. Philadelphie (Pennsylvanie, États-Unis), William P. Wilstach, 1886 ; Wilstach Memorial Hall (legs de William P. Wilstach à la ville de Philadelphie), avant 1900 ; [sa vente, Samuel T. Freeman & Co., Philadelphie, 29-30 octobre 1954, lot 17 (550 $)]. [Vente Sotheby’s, New York, 23 avril 2004, lot 28].

Expositions

1869, Paris, n° 326 ; 1922, Philadelphie, n°36, p. 15.

Critiques du Salon de 1869

About, p. 750 ; Aubryet, p. 607 ; Baignères, p. 268 ; Chaumelin, p. 265 ; Clément, n. p. ; Gautier, L’Illustration, 29 mai 1869, p. 342 ; Gautier, Tableaux à la plume, p. 299 ; Laurent-Pichat, n. p.

Bibliographie

Monographies et ouvrages collectifs

Strahan, 1880, vol. III, p. 33 et 40, sous le titre Burning Brushwood ; Montrosier, 1881-1884, p. 55 ; Bélina, 1883, p. 406 ; Montrosier, 1884, p. 44 ; Chaumelin, 1887, no 35, p. 80, 82 et 93 ; Michel, 1896, p. 145 ; Beck, 1904, no 37, ill., p. 22.

Périodiques

Monnecove, 1895, p. 34.

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