Critiques des salons

Les Sarcleuses (The Weeders)

Les Sarcleuses (The Weeders)

Identifiant
P1860-11

Titre
Les Sarcleuses (The Weeders)

Technique
Huile sur toile

Signature
Signé, situé et daté Jules Breton Courrières 1860

Dimensions
94 x 168,9 cm. (37 x 66 1/2 in.)

Localisation
Joslyn Art Museum, Omaha, USA

Sujet
Œuvres en rapport (voir P1854-1; P1860-12; P1860-13; P1860-14 de ce catalogue)

En 1868, Jules Breton repeint le même sujet avec une légère variante (voir P1868-1 de ce catalogue)

Jules Breton partage le succès des Sarcleuses au Salon avec Élodie, sa femme (lettre du 19 mai 1861). Le 23 mai, il lui écrit que Monsieur Duchâtel est « très heureux de son tableau et persuadé qu’on le décorerait parce qu’il lui semblait qu’on ne pourrait le faire autrement ». En effet, le 30 juin, celui-ci lui fait parvenir la nouvelle apprise par le ministre d’Etat, Walewski, et le 3 juillet, une lettre à son oncle Boniface Breton laisse éclater la joie du nouveau décoré ! La famille Duchâtel semble avoir eu une certaine prédilection pour Les Sarcleuses puisque le tableau n’a pas fait partie de la vente de leur collection en 1888, au contraire des Vendanges à Château Lagrange. Il semble que ce soit aussi celui des quatre tableaux exposés (avec Le Colza, Le Soir, L’incendie) qui ait eu le plus de succès. Castagnary y fait d’ailleurs allusion, tout en plaçant, lui, en premier, Le Colza. Quoiqu’il en soit, le désir de Breton de hiératiser, d’isoler une des figures en la classicisant davantage par rapport aux autres apparaît déjà dans trois des tableaux du Salon de 1861. Jean Rousseau, du Figaro, l’a certainement perçu, puisqu’il évoque  » la sarcleuse qui vient de nouer sa gerbe et qui se redresse […]» ou « cette belle vaneuse » , ou bien encore « cette grande fille, aux traits sévères et mélancoliques qui rêve […] ». Après avoir rendu un hommage profond à Millet et à sa Tondeuse de moutons, entre autres œuvres, après avoir évoqué les paysanneries d’Amédé Guérard et de Jean Desbrosses, Thoré-Bürger déclare: « […] mais le maître de ces compositions rustiques est Monsieur Jules Adolphe Breton » dont le talent lui rappelle celui de Léopold Robert tentant de mettre, comme lui, « la beauté » et « la pensée » dans ses figures de travailleurs champêtres. « Plus simple et plus vrai » que L. Robert, il estime que « des progrès restent à faire en tant que praticien ». Si les Sarcleuses lui semblent plus justes de mouvement, « il ne faut pas s’approcher et analyser le raccourci de ses bras croisés derrière le dos […] » . Malgré tout, Jules Breton a l’impression que ses tableaux ont été moins « prisés » des artistes que ceux du Salon précédent. En 1868, Jules Breton repeint le même sujet avec une légère variante (n° P1868-1) .

Source
Lettre de Jules Breton à Élodie, 19 et 23 mai 1861
Comte Duchatel à Jules Breton, 30 juin 1861
Jules Breton à Boniface Breton, 8 juillet 1861

Provenance

Artiste au comte Duchatel, Paris
Galerie Sedelmeyer, après 1888
Vente Sotheby’s, Londres, 1er mars 1972, lot 92
Collection particulière, Mexico city, Mexique 
Neil Morris Fine Paintings, New York
Sotheby’s New York, 1984 [?]Acquis par le Joslyn Art Museum, 1984

Expositions

Salon, Paris, 1861, n°426
International exhibition of 1862, Londres, South Kensington, n°60
Exposition générale des Beaux-Arts, Bruxelles, 1863, n°105
Exposition Universelle, Paris, 1867, n°86
Exposition Internationale Universelle, Exposition Centennale de l’art français (1789-1889), Paris, Palais du Champs de Mars, 1889, n°100
Jules Breton (1827-1906), La Chanson des Blés, Arras, Musée des Beaux-Arts, 6 mars-2 juin 2002, Quimper, Musée des Beaux-Arts, 15 juin-8 septembre 2002, Dublin, National gallery, 25 septembre-15 décembre 2002, n°31, p.240, ill.p.78

Winslow Homer and the Critics: Forging a National Art in the 1870s, Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City, Missouri, 18 février–6 mai 2001, Los Angeles County Museum of Art, 10 juin –9 septembre 2001, High Museum of Art, Atlanta, 6 octobre 2001–6 janvier 2022

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Droits : Droits Museum purchase, 1984.47
Date : 1860

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