Critiques des salons

La lecture

lecture

Identifiant
P1865-17

Titre
La lecture

Technique
Huile sur toile contrecollée sur panneau

Signature
Signé et daté en bas à droite Jules Breton 1865

Dimensions
100 x 80 cm. (39 1/2 x 31 1/2 in.)

Localisation
Localisation actuelle inconnue

Sujet
Pratiquement le même décor que pour L’Orage (P1865-2 de ce catalogue) et Le Lundi (P1858-8 de ce catalogue)

Œuvre en rapport (voir P1865-18 de ce catalogue)

La Lecture fait partie des rares tableaux d’intérieur peints par Jules Breton. On y retrouve pratiquement le même décor que pour l’Orage (1855) et le Lundi (1858) : la cheminée légèrement déplacée sur la droite permet de laisser se détacher en tache claire sur l’espace sombre de l’âtre, le profil perdu de la jeune fille lisant formant contraste avec la silhouette du vieillard aux traits burinés sur le fond nu et éclairé du mur de gauche. En liaison avec une étude pour le tableau (n° P1865-18), il est permis de voir très clairement les aménagements réalisés pour le tableau fini. La silhouette vigoureuse et rustique de la jeune fille qui se penche et suit du doigt une lecture apparemment difficile devient celle d’une liseuse sereine, au fin profil, pour laquelle cette discipline ne semble plus avoir de secret ! D’autre part, la représentation du cousin « Zidore », en culotte et souliers à boucle comme dans La Plantation d’un Calvaire a sans doute suggéré au peintre le style du classique fauteuil médaillon Louis XVI si inattendu dans cet intérieur rustique, a coté des gros pieds tournés de la lourde table ! Une iconographie symbolique entre également dans cette scène intime. La gerbe d’œillettes placée dans le creux de la cheminée réservée à cet effet, rappelle celles données à Jules Breton par le vieux cousin « Zidore » pour tisser les « clochoirs » et évoquées dans La Vie d’un artiste, 1890, p.86. La gerbe crée ici une sorte de lien entre les deux figures, contrairement à l’étude. Sur le manteau apparaît la Vierge traditionnelle accompagnée (entourée) de bougeoirs et de la simple faïence décorative. La critique n’exprime pas le même enthousiasme dans l’ensemble pour la Lecture que vis à vis de La fin de la journée exposée au même Salon. Toutefois Gonzague Privat et Charles de Moüy, parmi d’autres, louent la simplicité et l’intimité de la scène éclairée par le charme de ce profil perdu adoucissant l’austérité de l’intérieur. Ce thème intime de la lecture féminine est très présent au Salon mais exprimé le plus souvent à travers des jeunes filles de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Sans doute est-ce une des raisons pour lesquelles Jules Breton a adapté la scène à une représentation rustique, soit, mais plus raffinée qu’elle ne devrait l’être. Maurice Chaumelin, un peu plus tard, en 1869, évoque d’ailleurs l’abondance des liseuses au Salon dont celle de Toulmouche, Lettre d’amour.

Source
Lettre de Jules Breton à Boniface Breton, 13 mai 1865

Provenance

Artiste à M. de Maingoval, 1865 
Vicomtesse de Chezelles, Paris
Boussod, Valadon & cie (Goupil & cie), Paris, 2 mars 1902 (no. 27565, acquis de la précédente par l’intermédiaire de Schorstein sous le titre La lecture du dimanche)
Charitomenko, Moscou, 3 octobre 1902 (acquis du précédent)
Boussod, Valadon & cie (Goupil & cie), Paris, 11 décembre 1911 (no. 30400, acquis du précédent en compte à demi avec Allard)
M. Antonio Devotto, Buenos Aires, 27 août 1912 (acquis du précédent)
Vente, Sotheby’s New York,6 novembre 2014, lot 16

Expositions

Salon, Paris, 1865, n°295
Exposition Universelle, 1867, n°88 (Collection Maingoval)

Bibliographie

Boetzel, M., Année 1865, Le Salon, 50 tableaux et sculptures dessinés par les artistes, gravés par Boetzel, Paris, Gazette des beaux-arts, 1865, p. 56
Gautier, Th., « Salon de 1865 » Le Moniteur Universel, 16 juillet 1865, p.1031
Jahyer, F., Étude sur les Beaux-Arts, Salon de 1865, Paris, 1865, pp.111-114
Lagrange, L. « Le Salon de 1865 », Le Correspondant, 25 mai 1865, p.151
Mouÿ, Ch. de, « Salon de 1865 », Revue Française, 1er juin 1865, p.201
Du Camp, M., Les Beaux Arts à l’Exposition Universelle et aux Salons de 1863, 1864, 1865, 1866 et 1867, Paris 1867, p.165
Hemmel, A., « Salon de 1865 », Revue Nationale et Etrangère, 10 juin 1865, p.291
Privat, G., Place aux jeunes, causeries critiques sur le Salon de 1865, Paris, Privat, 1865, pp.95-96
N.s., « Salon de 1865, correspondance particulière de l’Indépendance», L’indépendance, 1er Juin 1865

Merson, L.O. « Beaux-Arts, M. J. Breton », L’Exposition Universelle de 1867 Illustrée, Paris, 1867, vol.2, n°42, p.187
Clarétie, J., Peintres et Sculpteurs contemporains : deux heures au Salon, Paris, Charpentier, 1874, pp.118-119

Montrosier, E., Les artistes modernes, Paris, Launette ed., 1882, t.III, p.54
Belina, A.-M. de, Nos peintres dessinés par eux-mêmes, Paris, Bernard et cie, 1883, p.406

Montrosier, « Jules Breton », Grands peintres français et étrangers, ouvrage d’art publié avec le concours artistique des maîtres, Paris, H. Launette, vol. 1, 1884, p.43

Chaumelin, M., Portraits d’artistes. E. Meissonier, J. Breton, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1887, pp.81, p.82, p.92, cat.25
Breton, J., La vie d’un artiste, Paris, A. Lemerre, 1890, p.86

Monnecove, F., « Dans les ateliers. M. Jules Breton », La Revue Septentrionale, 1er décembre 1895, p.34
Gauthiez, P., « Artistes contemporains, Jules Breton », La revue de l’Art ancien et moderne, Juillet 1898, p.209, ill.

N.s., « Jules-Adolphe-Aimée-Louis Breton », Masters in art, 1907, p.27, sous le titre The reader
Vachon, M., Jules Breton, Paris, A. Lahure, 1909, p.153, il. face p.6
Bourrut Lacouture, A., Jules Breton (1827-1906), La Chanson des Blés, Somogy, 2002, p.125, fig.43

Droits : Courtesy of Sotheby's
Date : 1865

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